PROTO-MARC

 

Il y eut Yôhanan le Baptisant dans le désert et ils étaient baptisés par lui dans le fleuve Jourdain en confessant leurs péchés et Yôhanan était vêtu d’une peau de chameau et mangeait des sauterelles et du miel sauvage.

 

Et Yôshéya vint de Nazareth de Galilée et il fut baptisé dans le Jourdain par Yôhanan et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux fendus et le Souffle, comme une colombe, descendre sur lui et une voix arriva du ciel: «Tu es mon Fils, le bien-aimé, en toi je me suis complu» et aussitôt le Souffle le chasse au désert et il était avec les bêtes sauvages et les messagers le servaient.

 

Et vint Yôshéya en Galilée et passant près de la mer de Galilée il vit Yaqôb le fils de Zabadia et Yôhanan son frère, et eux dans le bateau en train de réparer les filets et aussitôt il les appela et, laissant leur père Zabadia dans le bateau avec les employés, ils s’en allèrent derrière lui.

 

Et ils entrent à Capharnaüm et aussitôt, le shabat, étant entré dans la synagogue, il enseignait et ils étaient stupéfaits de son enseignement de sorte qu’ils se demandaient entre eux: «Qu’est-ce cela? Un enseignement avec autorité!»

 

Et aussitôt, il y avait dans leur synagogue un homme en souffle impur et il s’écria en disant: «Quoi à moi et à toi, Yôshéya le Nazaréen? Es-tu venu pour nous perdre? Je sais qui tu es, le Saint de IÔA» et il lui ordonna en disant: «Tais-toi et sors de lui», et le souffle impur, l’ayant secoué et ayant vociféré d’une voix forte, sortit de lui et tous furent effrayés en disant: «Même aux souffles impurs il commande et ils lui obéissent!»

 

Et aussitôt étant sortis de la synagogue ils vinrent dans la maison de Shamôn et la belle-mère de Shamôn était au lit avec la fièvre et aussitôt ils lui parlent à son sujet et s’étant approché il la fit lever, ayant pris sa main, et la fièvre la quitta et elle les servait.

 

Et lorsque le soleil fut couché il guérit beaucoup de mal portants atteints de maladies diverses et il chassa des souffles malsains et il ne laissait pas parler les souffles malsains parce qu’ils le connaissaient.

 

Et de très grand matin, s’étant levé, il sortit et il s’en alla dans un lieu désert et là il priait et le poursuivirent Shamôn et ses compagnons et ils le trouvèrent et ils lui disent: «Tous te cherchent» et il leur dit: «Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j’y prêche, car c’est pour cela que je suis sorti.»

 

Et il vint, en prêchant dans leurs synagogues, dans toute la Galilée, et en chassant les souffles malsains et vient à lui un lépreux, le priant et s’agenouillant, et en colère, l’ayant rudoyé, aussitôt il le chassa.

 

Et il entra de nouveau à Capharnaüm et ils viennent en lui apportant un paralytique porté par quatre personnes et Yôshéya ayant vu leur foi, dit au paralytique: «Je te le dis, lève-toi, prends ton grabat et va dans ta maison», et il se leva et aussitôt, ayant pris son grabat, il sortit aux yeux de tous de sorte que tous étaient stupéfaits et glorifiaient IÔA en disant que jamais nous n’avons vu ainsi.

 

Et il arriva qu’il se reposait dans sa maison et beaucoup de publicains et de pécheurs l’accompagnaient et les scribes des Pharisiens, ayant vu qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples que c’est avec les publicains et les pécheurs qu’il mange! et, ayant entendu, Yôshéya leur dit que les gens vigoureux n’ont pas besoin de médecin, mais les mal portants.

 

Et il passait à travers les moissons et ses disciples commencèrent à se frayer un chemin en arrachant les épis et les Pharisiens lui disaient: «Vois, pourquoi font-ils ce qui n’est pas permis?» et il leur dit: «N’avez-vous jamais lu ce que fit Daud lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui et ses compagnons, comment il entra dans la maison de IÔA et il mangea les pains d’oblation qu’il n’est pas permis de manger, sinon les prêtres?»

 

Et il entra de nouveau dans la synagogue et il y avait là un homme ayant la main desséchée et il dit à l’homme: «Étends la main», et il l’étendit et sa main fut remise en état.

 

Et il monte sur la montagne et il appelle ceux qu’il voulait et ils vinrent à lui et il en fit douze afin qu’ils soient avec lui et qu’il les envoie prêcher et avoir le pouvoir de chasser les souffles malsains et il imposa à Shamôn le nom de Kèpha et Yaqôb le fils de Zabadia et Yôhanan son frère, et il leur imposa le nom de Boanergès, et Andréas et Philippos et Barthalamé et Mattia et Teoma et Yaqôb le fils d’Alphai et Thadé et Shamôn le Zélé et Yauda Iscarioth, celui-là même qui le livra.

 

Et il leur disait: «Où que vous entriez dans une maison, restez-y jusqu’à ce que vous partiez de là; et si un endroit ne vous accueille pas et qu’on ne vous écoute pas, en sortant de là, secouez la poussière qui est sous vos pieds, en témoignage contre eux» et étant partis ils prêchèrent que l’on se repentît et ils chassaient beaucoup de souffles malsains et ils oignaient d’huile beaucoup d’infirmes et ils les guérissaient.

 

Et les scribes qui étaient descendus de Jérusalem disaient qu’il a Baal-Zebub et les ayant appelés il leur disait: «En vérité je vous le dis que tout sera pardonné aux fils des hommes, les péchés et les blasphèmes tant qu’ils auront blasphémé; mais celui qui aura blasphémé contre le Souffle saint n’a pas de pardon, éternellement, mais il est coupable d’une faute éternelle.»

 

Et une foule était assise autour de lui et on lui dit: «Voici que ta mère et tes frères et tes sœurs, dehors, te cherchent» et il dit: «Celui qui fait la volonté de IÔA, celui-ci est mon frère et ma sœur et ma mère.»

 

Et de nouveau il commença à enseigner et il leur disait dans son enseignement: «Écoutez: voici que sortit le semeur pour semer et tandis qu’il semait une partie tomba au bord du chemin et les oiseaux vinrent et la mangèrent; et une autre partie tomba sur la rocaille où il n’y avait pas beaucoup de terre et aussitôt elle leva parce qu’elle n’avait pas de profondeur de terre et lorsque le soleil se leva, elle fut brûlée et parce qu’elle n’avait pas de racine elle sécha; et une autre partie tomba dans les épines et les épines montèrent et l’étouffèrent et elle ne donna pas de fruit; et d’autres tombèrent dans la bonne terre et cela donna du fruit en montant et en se développant, et cela produisit: l’un trente et l’un soixante et l’un cent»; et il disait: «Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende!»

 

Et il disait: «Comment comparerons-nous le Royaume de IÔA, ou par quelle parabole la figureront-nous? C’est comme un grain de sénevé qui, lorsqu’il est semé en terre, monte et fait de grandes branches de sorte que les oiseaux du ciel s’abritent sous son ombre.»

 

Et il leur dit en ce jour-là, le soir venu: «Passons de l’autre côté» et ils l’emmènent, comme il était dans la barque, et survient une grande bourrasque de vent et les vagues se jetaient dans la barque au point que déjà la barque était remplie et lui, il était à la poupe, dormant sur un coussin, et l’ayant réveillé ils lui disent: «Maître tu ne soucies pas de ce que nous périssons?» et s’étant réveillé il commanda au vent et il dit: «Silence, tais-toi!» et le vent se calma et il leur dit: «N’avez-vous pas de foi?» et ils craignirent d’une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres: «Qui est-il donc celui-là que même le vent lui obéisse?»

 

Et il vint dans la région des Géraséniens et un homme en souffle impur qui avait sa demeure dans les tombeaux et dans les collines, criait et se frappait de pierres, ayant vu Yôshéya de loin accourut et se prosterna devant lui et ayant crié à voix forte il dit: «Quoi à moi et à toi, Yôshéya, Fils de IÔA, je t’adjure, par IÔA, ne me tourmente pas!» et il lui dit: «Souffle impur, sors de cet homme» et le souffle impur sortit et il le priait qu’il soit avec lui et il ne le laissa pas mais il lui dit: «Va dans ta maison, auprès des tiens» et il s’en alla et il commença à prêcher dans la Décapole tout ce que Yôshéya lui avait fait.

 

Et vient un des chefs de synagogue et, l’ayant vu, il tombe à ses pieds et il le prie beaucoup en disant: «Ma petite fille est à toute extrémité; étant venu, impose-lui les mains afin qu’elle soit sauvée et qu’elle vive» et il s’en alla avec lui et une grande foule l’accompagnait et on le pressait. Et une femme, atteinte d’un flux de sang depuis douze années, ayant entendu parler de Yôshéya, étant venue dans la foule, toucha par derrière son manteau car elle se disait que si je touche seulement son manteau je serai sauvée; et aussitôt la source de son sang sécha et elle sut en son corps qu’elle était guérie de son infirmité. Et ils viennent à la maison du chef de la synagogue et il prend le père de l’enfant et la mère et ses compagnons et il entre là où était l’enfant et ayant saisi la main de l’enfant il lui dit: “Koumi talitha”, c’est-à-dire: “Lève-toi, enfant” et aussitôt la fillette se leva et elle marchait, car elle avait douze ans, et aussitôt ils furent étonnés d’un grand étonnement et il leur recommanda beaucoup que personne ne le sache.

 

Et il partit de là et il vient dans sa patrie et ses disciples l’accompagnent et, le shabat étant arrivé, il commença à enseigner dans la synagogue et la plupart, en l’entendant, étaient stupéfaits en disant: «D’où lui vient cela, et quelle est la sagesse qui lui a été donnée?» et il parcourait les villages à la ronde en enseignant.

 

Et il appelle les Douze et il commença à les envoyer deux à deux et il leur donnait pouvoir sur les souffles impurs et il leur ordonna de ne rien prendre sur la route, sinon un bâton: ni pain, ni besace, ni menue monnaie pour la ceinture mais chaussés de sandales.

 

Et le roi Hôrdôs entendit et il disait: «Ce Yôhanan que j’ai décapité, c’est lui qui a été réveillé.»

 

Et ils s’en allèrent dans un lieu désert et ils les virent s’en aller et beaucoup l’apprirent et ils accoururent ensemble là et ils les devancèrent et il commença à les enseigner beaucoup et, comme l’heure était déjà très avancée, s’approchant de lui ses disciples disaient: «L’endroit est désert et déjà l’heure est avancée, renvoie la foule afin que, étant partis dans les fermes et les villages d’alentour, ils s’achètent de quoi manger»; mais lui, répondant, leur dit: «Donnez-leur vous-mêmes à manger» et ils lui disent: «Étant partis, achèterons-nous deux cents deniers de pain et leur donnerons-nous à manger?» mais lui leur dit: «Combien de pains avez-vous? Allez, voyez», et l’ayant appris, ils disent: «Cinq, et deux poissons» et il leur commanda de les faire tous s’étendre par groupes sur l’herbe verte et ils s’allongèrent par carrés de cent et de cinquante et ayant pris les cinq pains et les deux poissons, ayant levé les yeux vers le ciel, il dit la bénédiction et il rompit les pains et il les donnait à ses disciples pour les leur servir et il partagea les deux poissons entre tous et ils mangèrent tous et furent rassasiés et ils enlevèrent les morceaux, plein douze couffins, et des poissons, et ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes.

 

Et aussitôt il força ses disciples à monter dans une barque et à le devancer de l’autre côté, à Bethsaïde, et le soir étant arrivé la barque était au milieu de la mer et lui, seul, à terre et les ayant vus se fatiguer à ramer car le vent leur était contraire il vient vers eux en marchant sur la mer et il monta près d’eux dans la barque et le vent se calma et ils étaient excessivement stupéfaits car ils n’avaient pas compris, au sujet des pains, mais leur cœur était bouché.

 

Et ayant traversé, ils touchèrent terre et vinrent à Gennésaret et ils accostèrent et tandis qu’ils sortaient de la barque, aussitôt, l’ayant reconnu, les gens coururent par toute cette région et ils commencèrent à transporter sur des grabats les mal portants là où l’on apprenait qu’il était et là où il entrait: villages ou villes ou fermes, ils mettaient les malades sur les places et ils le priaient de les laisser toucher seulement la frange de son manteau et tous ceux qui le touchaient étaient sauvés.

 

Or partant de là il s’en alla dans le territoire de Tyr et une femme dont la petite fille avait un souffle impur, étant venue, se prosterna à ses pieds et elle le priait de chasser le souffle malsain de sa fille et il lui dit: «Va le souffle malsain est sorti de ta fille», et s’en étant allée dans sa maison elle trouva l’enfant étendue sur le lit et le souffle malsain sorti.

 

Et de nouveau étant sorti du territoire de Tyr il vint, par Sidon, à la mer de Galilée et on lui porte un sourd, parlant difficilement, et on le prie de lui imposer la main et l’ayant écarté de la foule, à part, il mit ses doigts dans ses oreilles et avec sa salive il lui toucha la langue et ayant regardé vers le ciel il gémit et lui dit: “Epphata”, c’est-à-dire: “Ouvre-toi” et ses oreilles s’ouvrirent et aussitôt le lien de sa langue se défit et il parlait correctement et il leur ordonna de ne le dire à personne; mais plus il le leur ordonnait, plus ils le prêchaient davantage et ils étaient encore plus stupéfaits en disant: «Il a bien fait toutes choses et il fait entendre les sourds et parler les muets.»

 

Et les Pharisiens sortirent et commencèrent à discuter avec lui en demandant de lui un signe venant du ciel, pour le tenter, et ayant gémi en son esprit il dit: «Pourquoi cette génération demande un signe? En vérité je vous le dis il ne sera pas donné de signe à cette génération» et les ayant laissés, s’étant de nouveau embarqué il s’en alla de l’autre côté.

 

Et ils avaient oublié de prendre du pain et ils se disaient entre eux qu’ils n’ont pas de pain et l’ayant su il leur dit: «Pourquoi vous dites-vous que vous n’avez pas de pain? N’avez-vous pas encore compris? Avez-vous le cœur bouché? Ayant des yeux, ne voyez-vous pas? Et ayant des oreilles n’entendez-vous pas?»

 

Et ils viennent à Bethsaïde et on lui porte un aveugle et on lui demande de le toucher et ayant saisi la main de l’aveugle il l’emmena hors du village et ayant craché sur ses yeux, lui ayant imposé les mains, il lui demanda: «Vois-tu quelque chose?» et levant les yeux il dit: «J’aperçois les hommes que je vois marcher comme des arbres»; ensuite, de nouveau, il mit les mains sur ses yeux et il vit clair et il recouvra la vue et il voyait tout nettement et il le renvoya dans sa maison en disant: «N’entre même pas dans le village.»

 

Et partit Yôshéya avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippos et en chemin il les interrogea: «Qui dites-vous que je suis?» et Kèpha lui dit: «Tu es le Messie», et il leur commanda ne parler de lui à personne.

 

Et il commença à leur enseigner qu’il faut au Fils de l’homme souffrir beaucoup et être rejeté par les Anciens et les grands prêtres et les scribes et être mis à mort et après trois jours être relevé.

 

Et ayant appelé la foule il leur dit: «Si quelqu’un veut suivre derrière moi, qu’il se renie lui-même et qu’il prenne sa croix et qu’il me suive, car qui voudra sauver sa vie la perdra; mais qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera; car que servirait à l’homme de gagner le monde entier et de ruiner sa vie? car que donnerait l’homme en échange de sa vie? car qui aura rougi de moi et de mes paroles en cette génération adultère et pécheresse, et le Fils de l’homme rougira de lui lorsqu’il viendra dans la gloire de son Père avec les saints messagers.»

 

Et il leur disait: «En vérité je vous le dis qu’il y en a ici présents qui ne goûteront pas la mort avant qu’ils ne voient le Royaume de IÔA venu en puissance.»

 

Et après six jours, Yôshéya prend Kèpha et Yaqôb et Yôhanan et il les fait monter sur une haute montagne, à l’écart, seuls, et il fut transformé devant eux et ses vêtements devinrent d’une blancheur éblouissante telle qu’un foulon sur la terre ne peut blanchir de la sorte et leur apparut Èlia et Moshè et ils s’entretenaient avec Yôshéya et Kèpha prenant la parole dit à Yôshéya: «Rabbi, il est bon que nous soyons ici, et faisons trois tentes, une pour toi et une pour Moshè et une pour Èlia», car il ne savait que répondre, car ils étaient saisis de frayeur et il y eut une nuée qui les prit sous son ombre et il y eut une voix venant de la nuée: «Celui-ci est mon Fils, le bien-aimé, écoutez-le» et soudain, regardant autour d’eux, ils ne virent plus personne, mais Yôshéya seul avec eux; et tandis qu’ils descendaient de la montagne il leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, sauf lorsque le Fils de l’homme serait relevé des morts, et ils gardèrent l’évènement par devers eux, discutant ce que c’est que d’être relevé des morts.

 

Et étant venu vers ses disciples il vit des scribes discutant avec eux et il leur demanda: «Pourquoi discutez-vous avec eux?» et l’un répondit: «Maître, je t’ai amené mon fils qui a un souffle muet», et Yôshéya, ayant vu que la foule accourait, commanda au souffle impur en lui disant: «Souffle muet et sourd, je te l’ordonne, sors de lui et n’y rentre plus jamais», et ayant crié et l’ayant beaucoup secoué, il sortit et il devint comme mort de sorte que beaucoup disaient qu’il est mort; mais Yôshéya ayant pris sa main le releva et il se tint debout.

 

Et étant partis de là ils circulaient à travers la Galilée et il ne voulait pas qu’on le sût et il enseignait ses disciples et il leur disait que le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes et ils le tueront et une fois tué après trois jours il sera relevé.

 

Et ils vinrent à Capharnaüm et se trouvant dans la maison il leur demandait: «De quoi discutiez-vous en chemin?» mais eux se taisaient car ils avaient discuté entre eux en chemin qui était le plus grand et s’étant assis il appela les Douze et il leur dit: «Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous.»

 

Et partant de là il vient dans le territoire de la Judée et au-delà du Jourdain et de nouveau des foules se rassemblent auprès de lui et de nouveau il les enseignait et on lui présentait des enfants afin qu’il les touchât et il leur dit: «En vérité je vous le dis qui ne recevra pas le Royaume de IÔA comme un enfant n’y entrera pas», et les ayant embrassés il les bénit en posant les mains sur eux.

 

Et ayant regardé autour de lui, Yôshéya dit à ses disciples: «Enfants, qu’il est difficile d’entrer dans le Royaume de IÔA!» et les disciples étaient effrayés de ses paroles se disant entre eux: «Et qui peut être sauvé?»; ayant jeté les yeux sur eux Yôshéya dit: «Pour les hommes, impossible, mais non pour IÔA, car tout est possible pour IÔA.»

 

Et ils viennent à Jéricho et le fils de Timé, Bartimé, aveugle, mendiant, était assis au bord du chemin et ayant entendu que c’est Yôshéya le Nazarénien il commença à crier et à dire: «Fils de Daud, Yôshéya, aie pitié de moi!» et lui répondant Yôshéya dit: «Que veux-tu que je te fasse?» Or l’aveugle lui dit: «Rabbouni, que je vois à nouveau» et Yôshéya lui dit: «Va, ta foi t’a sauvé» et aussitôt il vit à nouveau et il le suivait sur le chemin.

 

Et lorsqu’ils approchent de Bethphagé et de Béthanie, au mont des Oliviers, il envoie deux de ses disciples et il leur dit: «Allez au village qui est devant vous et aussitôt, en y entrant, vous trouverez un ânon sur lequel aucun homme ne s’est jamais assis; déliez-le et apportez-le et si quelqu’un vous dit: “Pourquoi faites-vous cela?”, dites: “Le Maître en a besoin et aussitôt il le renvoie ici”» et ils s’en allèrent et ils trouvèrent comme avait dit Yôshéya et ils apportent l’ânon à Yôshéya et ils jettent sur lui leurs manteaux et il s’assied sur lui et beaucoup étendirent leurs manteaux sur le chemin et ceux qui allaient devant et ceux qui suivaient criaient: «Béni soit le Royaume qui vient, de notre père Daud!»

 

Et il entra à Jérusalem, dans le Temple et il enseignait et il leur disait:

 

«Un homme planta une vigne et il l’entoura d’une clôture et il creusa un pressoir et il construisit une tour et il la loua à des vignerons et il partit en voyage et il envoya un serviteur aux vignerons le moment venu pour recevoir des vignerons une part des fruits de la vigne et l’ayant pris ils le frappèrent et le renvoyèrent les mains vides et de nouveau il leur envoya un autre serviteur et celui-là ils le frappèrent à la tête et l’outragèrent et il en envoya un autre et celui-là ils le tuèrent; il avait encore un fils bien-aimé, il le leur envoya en dernier en disant: “Ils respecteront mon fils”, et l’ayant pris ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne; que fera le maître de la vigne? il viendra et fera périr les vignerons et donnera la vigne à d’autres» et ils cherchaient à s’emparer de lui et ils craignirent la foule, car ils avaient reconnu qu’il avait dit cette parabole contre eux et l’ayant laissé ils s’en allèrent.

 

Et viennent à lui les Saducéens, qui disent qu’il n’y a pas de relèvement, et ils l’interrogèrent en disant: «Maître, Moshè a écrit pour nous que si le frère de quelqu’un meurt et laisse une femme sans enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère; il y avait sept frères et le premier prit femme et en mourant il ne laissa pas de postérité et le deuxième la prit et mourut sans laisser de postérité et le troisième de même et les sept ne laissèrent pas de postérité et finalement la femme mourut; au relèvement, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme, car les sept l’ont eu pour femme?» Yôshéya leur déclara: «Vous vous trompez car lorsque l’on est relevé des morts ni on ne se marie, ni on n’est donnée en mariage mais on est comme des messagers dans les cieux, vous vous trompez beaucoup», et s’approchant, un des scribes lui dit: «Tu as bien dit» et personne n’osait plus l’interroger.

 

Et tandis qu’il sortait du Temple, un de ses disciples lui dit: «Maître, vois quelles pierres!» et Yôshéya lui dit: «Tu vois toutes ces grandes constructions? il n’en sera pas laissé pierre sur pierre qui ne soit détruit» et ils lui demandèrent: «Dis-nous quand cela sera et quel sera le signe que tout cela va avoir une fin» et il commença à leur dire: «Prenez garde que personne ne vous égare; beaucoup viendront en mon nom en disant: “C’est moi”, et ils en égareront beaucoup; mais lorsque vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne vous alarmez pas; il faut que ça arrive, mais ce n’est pas encore la fin; car une nation se dressera contre une nation, et un royaume contre un royaume; il y aura des séismes par endroits, il y aura des famines; ce sera le commencement des douleurs; mais en ces jours-là le soleil s’assombrira et la lune ne donnera plus sa lumière et les étoiles tomberont du ciel et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées et alors on verra le Fils de l’homme venant sur des nuées avec grande puissance et gloire et alors il enverra les messagers et il rassemblera les élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel; soyez sur vos gardes, veillez, vous ne savez pas quand ce sera le moment.»

 

Or c’était la fête des Pains sans levain et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment, s’étant emparé de lui par ruse, ils le tueraient et Yauda l’Iscarioth, l’un des Douze, s’en alla auprès des grands prêtres afin de le leur livrer.

 

Et le premier jour des Pains sans levain, lorsque l’on sacrifiait la pâque, il envoie deux de ses disciples et il leur dit: «Allez dans la ville et viendra à votre rencontre un homme portant une jarre d’eau; suivez-le et là où il entrera dites au maître de maison que le Maître dit: “Où est ma salle où je mangerai la pâque avec mes disciples”; et lui-même vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête, et faites-y pour nous les préparatifs» et les disciples partirent et ils vinrent à la ville et ils trouvèrent comme il le leur avait dit et ils préparèrent la pâque.

 

Et, le soir venu, il vient avec les Douze et tandis qu’ils étaient étendus et qu’ils mangeaient ayant pris du pain, ayant dit la bénédiction, il le rompit et le leur donna et il dit: «Prenez, ceci est mon corps» et ayant pris la coupe, ayant rendu grâce, il la leur donna et ils en buvaient tous et il leur dit: «En vérité je vous le dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’à ce jour-là où je le boirai nouveau dans le Royaume de IÔA.»