PROTO-LUC

 

L’an quinze du principat de Tibère César, Pontius Pilatus étant gouverneur de Judée, Hôrdôs tétrarque de Galilée, Philippos son frère tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, Lysanias tétrarque d’Abilène, sous le grand prêtre Hanan, advint la parole de IÔA sur Yôhanan, le fils de Zakaria, dans le désert, et il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de repentir pour la rémission des péchés.

 

Et les foules l’interrogeaient en disant: «Que ferons-nous?» Or, répondant, il leur disait: «Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas et que celui qui a de la nourriture fasse de même.» Or vinrent aussi des publicains se faire baptiser et ils lui dirent: «Maître, que ferons-nous?» Or lui leur dit: «Ne faites rien de plus que ce qui vous a été prescrit.» Or l’interrogeaient aussi des soldats en disant: «Que ferons nous, nous aussi?» Et il leur dit: «Ne molestez personne ni n’extorquez rien, et contentez-vous de votre solde.»

 

Comme le peuple était dans l’attente et que tous se demandaient en leur cœur, au sujet de Yôhanan, s’il ne serait pas le Messie, Yôhanan répondit à tous: «Vient après moi celui dont je ne suis pas digne de délier la sandale des pieds.»

 

Or Hôrdôs le tétrarque, qu’il reprenait au sujet d’Hôrôdia la femme de son frère et pour tous les méfaits qu’il avait commis, ajouta encore à tous les autres: il fit enfermer Yôhanan en prison.

 

Or il advint, tandis que tout le peuple était baptisé et Yôshéya ayant été baptisé et priant: vint l’éclat lumineux du ciel et descendit le Souffle saint en forme de colombe et voleta sur lui et une voix, du ciel, advint: «Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré.»

 

Et Yôshéya revint, sous la puissance du Souffle, en Galilée. Et il vint à Nazara où il avait été élevé et il entra selon sa coutume, le jour du shabat, dans la synagogue et il se leva pour lire. Et lui fut donné le livre du prophète Yashaya et ayant ouvert le livre il trouva le passage où il était écrit: «Le Souffle du Maître est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Maître.» Et ayant fermé le livre, l’ayant rendu au servant, il s’assit. Et les yeux de tous, dans la synagogue, étaient fixés sur lui. Or il commença à leur dire que, aujourd’hui, est accomplie cette Écriture à vos oreilles. Et tous lui rendaient témoignage et admiraient les paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.

 

Or le jour venu, étant sorti, il partit dans un lieu désert. Et les foules le cherchaient et elles vinrent jusqu’à lui et elles le retenaient pour qu’il ne partit pas loin d’elles. Mais lui leur dit qu’aux autres villes aussi il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de IÔA, parce que c’est pour cela que j’ai été envoyé.

 

Or il advint, comme la foule le pressait et écoutait la parole de IÔA, et lui se tenait au bord du lac de Gennésareth et il vit deux barques arrêtées sur le bord du lac; et les pêcheurs, en étant descendus, lavaient leurs filets. Or étant monté dans l’une des barques, qui était à Shamôn, il lui dit: «Avance en eau profonde et lâchez vos filets pour la pêche.» Et, en répondant, Shamôn dit: «Maître, ayant peiné toute la nuit, nous n’avons rien pris; mais sur ta parole, je vais lâcher les filets.» Et l’ayant fait, ils capturèrent une grande quantité de poissons. Or leurs filets se rompaient. Et ils firent signe à leurs compagnons, dans l’autre barque, de venir les prendre avec eux. Ils vinrent et ils emplirent les deux barques au point qu’elles enfonçaient. Or à cette vue, Shamôn Kèpha tomba aux pieds de Yôshéya en disant: «Éloigne-toi de moi car je suis un homme pécheur, Maître.» La peur en effet, l’avait envahi, comme tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche des poissons qu’ils avaient pris ensemble. Et Yôshéya dit à Shamôn: «Ne crains pas, désormais tu seras pêcheur d’hommes.»

 

Et lorsqu’advint le jour, il appela à lui ses disciples et il en choisit douze qu’il nomma “apôtres”: Shamôn qu’il nomma Kèpha, et Andréas son frère et Yaqôb et Yôhanan et Philippos et Barthalamé et Mattia et Teoma et Yaqôb fils d’Alphai et Shamôn appelé le Zélote et Yauda fils de Yaqôb et Yauda Iscarioth, qui devint un traître.

 

Et étant descendu avec eux il se tint dans une plaine et une grande multitude du peuple, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, qui étaient venus l’écouter et se faire guérir de leurs maladies; et ceux qui étaient tourmentés par des souffles impurs étaient guéris. Et toute la foule cherchait à le toucher.

 

Et lui, ayant levé les yeux vers le peuple, disait: «Heureux les pauvres, parce que vôtre est le Royaume de IÔA. Heureux les affamés maintenant, parce que vous serez rassasiés. Heureux ceux qui pleurent maintenant, parce que vous rirez. Mais malheur à vous les riches, parce que vous avez reçu votre consolation. Malheur à vous qui êtes repus maintenant, parce que vous aurez faim. Malheur, vous qui riez maintenant, parce que vous pleurerez.

 

Mais je dis à vous qui m’écoutez: aimez vos ennemis et faites du bien et prêtez sans espérer en retour et votre récompense sera grande et vous serez les fils du Très-Haut, parce que, lui, il est bon envers les ingrats et les méchants. Et si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle faveur en aurez-vous? Car les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quelle faveur en aurez-vous? Les pécheurs aussi en font autant. Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quelle faveur en aurez-vous? Les pécheurs aussi prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent.

 

Ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés. Remettez, et il vous sera remis. Donnez et il vous sera donné; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, que l’on donnera dans votre sein.

 

Quiconque vient à moi et écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est semblable. Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé profond, et a posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s’est rué sur cette maison mais il n’a pu l’ébranler parce qu’elle était bien bâtie. Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique, il est semblable à un homme qui a bâti une maison sur la terre, sans fondations. Le torrent s’est rué sur elle et aussitôt elle s’est écroulée et le désastre survenu à cette maison a été grand.»

 

Après qu’il eût achevé toutes ses paroles aux oreilles du peuple, il entra à Capharnaüm. Or, d’un centurion un serviteur, malade, allait mourir, qui lui était cher. Or, ayant entendu parler de Yôshéya, il vint vers lui et il le priait de venir sauver son serviteur. Et Yôshéya lui dit: «Va, ton serviteur vit.» Et l’homme crut et il partait. Et étant revenu dans sa maison il trouva son serviteur en bonne santé.

 

Et il advint ensuite qu’il partit dans une ville appelée Naïn et partaient avec lui ses disciples et une foule nombreuse. Or, comme il approchait de la porte de la ville, et voici: on portait en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve; et, de la ville, une foule importante était avec elle. Et en la voyant, le Maître fut ému de compassion sur elle et il lui dit: «Ne pleure pas.» Et, s’étant approché, il toucha le cercueil. Les porteurs s’arrêtèrent et il dit: «Jeune homme, je te le dis, lève-toi.» Et le mort se dressa sur son séant et il commença à parler et il le donna à sa mère. La peur les saisit tous et ils glorifiaient IÔA en disant qu’un grand prophète s’est levé parmi nous et que IÔA a visité son peuple. Et ce propos à son sujet se répandit dans toute la Judée et tout le pays d’alentour.

 

Or un des Pharisiens le pria de manger avec lui et, étant entré dans la maison du Pharisien, il se mit à table. Et voici une femme qui était dans la ville une pécheresse. Et ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, ayant apporté un vase de parfum, et se tenant par derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à mouiller ses pieds et à les essuyer avec les cheveux de sa tête et elle couvrait ses pieds de baisers et les oignait de parfum. Or à cette vue le Pharisien qui l’avait invité se dit en lui-même: «S’il était prophète, il saurait qui et ce qu’est cette femme qui le touche: une pécheresse!» Et s’étant tourné vers la femme il déclara à Shamôn: «Tu vois cette femme? Je suis entré dans ta maison, tu ne m’as pas donné d’eau sur les pieds; mais elle, elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec les cheveux de sa tête. Tu ne m’as pas donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu n’as pas oint ma tête d’huile; mais elle, elle a oint de parfum mes pieds. Grâce à cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a beaucoup aimé.» Et il lui dit: «Tes péchés te sont remis.» Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire: «Quel est celui-là qui remet les péchés?»

 

Et il advint par la suite, et lui cheminait par ville et village, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de IÔA, et les Douze étaient avec lui et des femmes qui avaient été guéries de souffles impurs et de maladies: Mariam, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept souffles malsains, et Yôhana, femme de Chouza, intendant d’Hôrdôs, Shôshana et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.

 

Et voici: un légiste se leva pour le mettre à l’épreuve en disant: «Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle?» Or, il lui dit: «Dans la Thôra, qu’y a-t-il d’écrit? Comment lis-tu?» Or, répondant, il dit: «Tu aimeras IÔA ton Maître de tout ton cœur et ton prochain comme toi-même.» Or il lui dit: «Tu as bien répondu: fais cela et tu vivras.»

 

Mais lui, voulant se justifier, dit à Yôshéya: «Et qui est mon prochain?» Yôshéya reprit: «Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho et il tomba sur des brigands qui, l’ayant dévêtu et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à demi mort. Or par hasard un prêtre descendait par cette route et, l’ayant vu, il passa outre. De même un Lévite, survenant en ce lieu et l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui était en voyage, vint près de lui et, l’ayant vu, il fut ému de compassion et s’étant approché il banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin. Et l’ayant chargé sur sa propre monture, il le mena à une hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux deniers et les donna à l’hôtelier et lui dit: “Prends soin de lui et ce que tu dépenseras en plus, moi-même je te le rembourserai à mon retour.” Lequel de ces trois, à ton avis, s’est montré le prochain de celui qui était tombé sur des brigands?» Or il dit: «Celui qui a eu pitié de lui» Yôshéya lui dit: «Va, et toi aussi, fais de même.»

 

Or tandis qu’ils faisaient route, lui-même entra dans un bourg. Or une femme du nom de Martha le reçut. Et elle avait une sœur appelée Mariam qui, s’étant assise aux pieds du Maître écoutait sa parole. Or Martha était absorbée par les multiples soins du service. Or survenant, elle dit: «Maître, tu ne te soucies pas de ce que ma sœur m’a laissée seule faire le service! Dis-lui donc de m’aider.» Or, répondant, le Maître lui dit: «Martha, Martha, tu te soucies et t’agites pour beaucoup de choses mais il n’en faut qu’une seule. Car Mariam a choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée.»

 

Et il leur dit: «Qui d’entre vous aura un ami et s’en va le trouver au milieu de la nuit et lui dit: “Ami, prête-moi trois pains car mon ami m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir.” Et celui-ci, de l’intérieur, répondant dirait: “Ne m’importune pas, la porte est déjà fermée et mes enfants sont avec moi au lit; je ne puis pas, m’étant levé, te les donner.” Je vous dis, s’il ne les lui donne pas, s’étant levé, parce que c’est son ami, à cause de son insistance, s’étant levé, il lui donnera tout ce dont il a besoin.»

 

Lorsqu’un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sécurité. Mais si un plus fort que lui, survenant, le vainc, il lui enlève l’armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles.

 

Or il advint, tandis qu’il disait cela, une femme élevant la voix parmi la foule lui dit: «Bienheureuses les entrailles qui t’ont porté et les seins que tu as sucés!» Mais lui, il dit: «Bienheureux plutôt ceux qui écoutent la parole de IÔA et la gardent.»

 

«Personne, ayant allumé une lampe, ne la met en un endroit caché, mais sur le lampadaire afin que ceux qui entrent voient la clarté.»

 

Or quelqu’un de la foule lui dit: «Maître, dis à mon frère qu’il partage avec moi l’héritage.» Or il lui dit: «Homme, qui m’a établi pour être votre juge ou régler vos partages?» Or il leur dit: «Voyez et gardez-vous de toute cupidité, car même dans l’abondance la vie d’un homme n’est pas assurée par ses biens.» Or il leur dit une parabole. D’un homme riche les terres avaient beaucoup rapporté. Et il se disait en lui-même: “Que vais-je faire, car je n’ai pas où recueillir ma récolte.” Et il dit: “Je vais faire cela: je vais abattre mes greniers et j’en construirai de plus grands et j’y recueillerai tout mon blé et mes biens et je me dirai à moi-même: tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années: repose-toi, mange, bois, prends du bon temps.” Mais IÔA lui dit: “Insensé, cette nuit même, on te redemandera ta vie; et ce que tu as préparé, à qui cela sera-t-il?” Ainsi celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s’enrichir en vue de IÔA.»

 

«Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées et vous serez semblables à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces, pour ouvrir dès qu’il viendra et frappera. Qu’il vienne à la deuxième ou à la troisième veille et qu’il trouve les choses ainsi, heureux sont ces gens-là.»

 

«Ce serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’aura rien préparé ou fait selon sa volonté, recevra un grand nombre de coups. Celui qui, ne la connaissant pas, aura fait des actions méritant des coups n’en recevra que peu. Celui à qui il sera donné beaucoup, il lui sera demandé beaucoup. Et celui à qui il aura été confié beaucoup il lui sera réclamé davantage.»

 

«Je suis venu jeter un feu sur la terre et comme je voudrais qu’il fût déjà allumé! Un baptême; j’ai à être baptisé et comme je suis impatient qu’il soit consommé!»

 

En ce même temps survinrent des gens lui rapportant le cas des Galiléens dont Pilatus avait mêlé le sang avec celui de leurs victimes. Et répondant il leur dit: «À votre avis, ces Galiléens furent-ils de plus grands pécheurs que tous les Galiléens, pour avoir subi cela? Non, vous dis-je, mais si vous ne vous repentez pas, tous vous périrez pareillement. Et ces dix-huit personnes sur lesquelles est tombée la tour de Siloé et les a tués, à votre avis, furent-ils plus débiteurs que tous les gens qui habitent Jérusalem? Non, vous dis-je, mais si vous ne vous repentez pas, tous vous périrez de même.»

 

Or il leur disait cette parabole: «Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne et il vint y chercher des fruits et n’en trouva pas. Or il dit au vigneron: “Voilà trois ans que je viens chercher des fruits dans ce figuier et que je n’en trouve pas. Coupe-le donc; pourquoi use-t-il la terre pour rien?” Mais lui, répondant, lui dit: “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je creuse tout autour et que je mette du fumier. Peut-être donnera-t-il des fruits à l’avenir, sinon, tu le couperas.”»

 

Or il enseignait dans une des synagogues durant le shabat. Et voici une femme ayant un souffle d’infirmité depuis dix-huit ans, et elle était courbée et ne pouvait absolument pas se redresser. Or en la voyant, Yôshéya l’interpella et lui dit: «Femme, sois délivrée de ton infirmité.» Et il lui imposa les mains et aussitôt elle se redressa et elle glorifiait IÔA. Or le chef de la synagogue, prenant la parole, indigné de ce que Yôshéya avait guéri durant le shabat, disait à la foule: «Il y a six jours pendant lesquels on doit travailler; venez donc ces jours-là vous faire guérir et non le jour du shabat.» Or le Maître lui répondit et dit: «Hypocrites, chacun d’entre vous, le shabat, ne délie-t-il pas de la crèche son bœuf ou son âne pour le mener boire? Or celle-là qui est fille d’Abraam, que l’Adversaire avait liée voici dix-huit ans, ne fallait-il pas la délier de ce lien le jour du shabat?» Et comme il disait cela, tous ses adversaires étaient remplis de confusion. Et toute la foule se réjouissait de toutes les choses magnifiques qui advenaient par lui.

 

Et il cheminait par villes et villages en enseignant. Or quelqu’un lui dit: «Maître, est-ce le petit nombre qui sera sauvé?» Or il leur dit: «Luttez pour entrer par la porte étroite, car beaucoup, vous dis-je, chercheront à entrer et ne pourront pas.»

 

Et il advint, comme il venait dans la maison de l’un des chefs des Pharisiens, le shabat, pour prendre un repas, et voici: un homme, un hydropique, était devant lui. Et prenant la parole il dit aux légistes et aux Pharisiens: «Est-il permis, le shabat, de faire du bien ou non?» Mais eux se tinrent silencieux. Et, l’ayant pris, il le guérit et le renvoya. Et il leur dit: «Lequel d’entre vous, dont le fils ou le bœuf tombe dans un puits, ne l’en retirera aussitôt le jour du shabat?» Et ils ne purent pas répondre à cela.

 

Or il disait une parabole à l’adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans, leur disant: «Lorsque tu es invité par quelqu’un à des noces, ne t’étends pas sur le premier divan de peur qu’un plus digne que toi ait été invité par lui. Et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire: “Donne-lui la place.” Et alors, tu devrais, avec honte, aller occuper la dernière place. Mais lorsque tu es invité, va t’étendre à la dernière place afin que, lorsque viendra celui qui t’a invité, il te dise: “Ami, monte plus haut.” Alors il y aura pour toi de l’honneur devant tous les convives.»

 

Or il disait aussi à celui qui l’avait invité: «Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu’eux aussi ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles, et tu seras heureux de ce qu’ils n’ont pas de quoi te le rendre, car cela te sera rendu lors du relèvement des justes.»

 

Ayant entendu cela, l’un des convives lui dit: «Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de IÔA!» Mais il lui dit: «Un homme donna un grand dîner et il invita beaucoup de gens. Et il envoya son serviteur à l’heure du dîner dire aux invités: “Venez, parce que tout est déjà prêt.” Et tous, de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit: “J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir, je t’en prie, tiens-moi pour excusé.” Et un autre dit: “J’ai acheté cinq paires de bœufs et je vais les essayer; je t’en prie tiens-moi pour excusé.” Et un autre dit: “J’ai épousé une femme et c’est pourquoi je ne puis venir.” Et, en arrivant, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, en colère, le maître de maison dit à son serviteur: “Va vite par les places et les rue de la ville et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles, et les boiteux.” Et le serviteur lui dit: “Maître, est arrivé ce que tu as ordonné et il y a encore de la place.” Et le maître dit au serviteur: “Va par les chemins et le long des clôtures et fais entrer les gens de force afin que ma maison se remplisse. Car je vous dis qu’aucun de ces gens qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner.”»

 

Or faisaient route avec lui des foules nombreuses et, s’étant tourné, il leur dit: «Si quelqu’un vient à moi et ne hait pas son père et sa mère et sa femme et ses enfants et ses frères et ses sœurs et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi, il ne peut être mon disciple. Quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens, il ne peut être mon disciple.»

 

«Car lequel d’entre vous, voulant bâtir une tour, d’abord, s’étant assis, ne calcule-t-il pas la dépense, s’il a de quoi aller jusqu’au bout? De peur que, ayant posé les fondations et ne pouvant pas achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui en disant que cet homme a commencé à bâtir et n’a pas pu achever. Ou quel roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, s’étant assis, n’examinera pas d’abord s’il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui vient contre lui avec vingt mille? Sinon, alors que l’autre est encore loin, ayant envoyé une ambassade, il demande les conditions de la paix.»

 

Or s’approchaient de lui tous les publicains et les pécheurs pour l’écouter. Et les Pharisiens et les scribes murmuraient en disant que celui-ci reçoit les pécheurs. Or il leur dit cette parabole: «Lequel d’entre vous, ayant cent brebis et en ayant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf dans le désert et s’en va chercher celle qui est perdue. Et l’ayant trouvée, il la met sur ses épaules, tout joyeux, et étant venu dans sa maison, il convoque les amis et les voisins en leur disant: “Réjouissez-vous avec moi parce que j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue.” Je vous dis que, de même, il y aura joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentir. Ou quelle femme ayant dix drachmes, si elle perd une drachme, n’allume pas une lampe et ne balaie pas la maison et ne cherche pas avec soin jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvée? Et l’ayant trouvée, elle convoque les amies et les voisines en disant: “Réjouissez-vous avec moi parce que j’ai retrouvé la drachme que j’avais perdue.” De même, vous dis-je, il adviendra joie devant les messagers de IÔA pour un seul pécheur qui se repent.»

 

Il dit encore: «Un homme avait deux fils et le plus jeune des deux dit au père: “Père donne-moi la part qui me revient des moyens de subsistance”; et le père lui partagea les moyens de subsistance. Or peu de jours après, ayant tout rassemblé, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dispersa sa part des moyens de subsistance en vivant immodérément. Or quand il eut tout dépensé, advint une grande famine dans ce pays et il se trouva dans le besoin. Il alla s’attacher à l’un des citoyens de l’endroit et celui-ci l’envoya dans ses champs paître des pourceaux. Il aurait bien voulu s’emplir le ventre des caroubes que mangeaient les pourceaux mais personne ne lui en donnait. Étant entré en lui-même, il se dit: “Combien de serviteur de mon père ont du pain en abondance tandis que moi, ici, je meurs de faim. Je vais aller trouver mon père et je lui dirai: père, j’ai péché contre le ciel et devant toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme un de tes serviteurs.” Et il s’en alla trouver son père. Mais, comme il était encore à distance, son père l’aperçut et il fut profondément ému et, accourant vers lui, il se jeta à son cou et l’embrassa. Le fils lui dit: “Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs: “Vite apportez une tunique et mettez-la-lui, mettez-lui anneau au doigt et des sandales aux pieds. Apportez le veau gras et sacrifiez-le, mangeons et réjouissons-nous car mon fils que voici était mort et il vit à nouveau; il était perdu et il est retrouvé” et ils se mirent à festoyer. Or son fils aîné était aux champs et, en revenant, alors qu’il approchait de la maison, il entendit concert et danses et il appela un des serviteurs pour lui demander ce qui se passait. Celui-ci lui dit: “C’est que ton frère est revenu et ton père a sacrifié le veau gras parce qu’il l’a recouvré sain et sauf.” Or il se fâcha et ne voulait pas entrer. Mais son père, étant sorti, l’en priait. Or, lui répondant, il dit à son père: “Voici tant d’années que je te sers, et jamais je n’ai désobéi à un seul de tes commandements, mais jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais quand celui-ci revient, ton fils qui a mangé ton bien avec des prostituées, tu fais sacrifié pour lui le veau gras!” Le père lui dit: “Mon enfant tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait se réjouir et festoyer car ton frère était mort et il vit à nouveau; il était perdu et il est retrouvé.”»

 

Et il disait aussi aux disciples: «Il était un homme riche qui avait un intendant et celui-ci lui fut dénoncé comme dispersant ses biens. Or, l’ayant appelé, il lui dit: “Qu’est-ce que j’entends dire de toi? Rends compte de ta de ta gestion car tu ne peux plus rester intendant sur ma maison.” L’intendant se dit: “Que ferai-je puisque mon maître m’enlève l’intendance? Bêcher je ne le puis; mendier j’en aurais honte. Je sais ce que je vais faire afin que, lorsque j’aurai été destitué de cette gestion, ils me reçoivent dans d’autres demeures.” Et faisant venir un à un les débiteurs de son maitre, il dit au premier: “Combien dois-tu à mon maître?” Celui-ci dit: “Cent barils d’huile.” Et il lui dit: “Prends ton billet et, t’asseyant, vite écris cinquante.” Ensuite à un autre il dit: “Et toi, combien dois-tu?” Et il dit: “Cent mesures de blé.” Il lui dit: “Prends ton billet et écris quatre-vingts.” Or le maître loua l’intendant de l’injustice de ce qu’il avait agi de façon avisée; car les fils de ce monde sont plus avisés envers leurs semblables que les fils de la lumière. Et moi je vous dis: faites-vous des amis avec l’argent de l’injustice afin que, lorsqu’il fera défaut, ils vous reçoivent dans les tentes éternelles.”»

 

«Qui est fidèle en très peu aussi en beaucoup est fidèle; et qui en très peu est injuste en beaucoup aussi est injuste. Si donc vous n’avez pas été fidèles avec l’argent injuste, qui vous confiera les véritables richesses? Et si vous n’avez pas été fidèles pour ce qui vous est étranger, ce qui est vôtre, qui vous le donnera?»

 

Or ils entendaient toutes ces choses, les pharisiens aimant l’argent, et ils tournaient Yôshéya en dérision. Et il leur dit: «Vous êtes de ceux qui se font justes devant les hommes mais IÔA connaît vos cœurs. Ce qui est élevé aux yeux des hommes est une abomination devant IÔA.»

 

«Il y avait un homme riche qui se vêtait de pourpre et de fin lin, se traitant chaque jour magnifiquement. Et un pauvre nommé Èlazar allongé à sa porte, tout couvert d’ulcères, qui aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche; mais au lieu de cela, les chiens venaient et léchaient ses ulcères. Or il advint que mourut le pauvre et il fut emporté par des messagers de IÔA dans le sein d’Abraam; et mourut aussi le riche et il fut enseveli. Or, dans le séjour des morts, en proie à de grande souffrance, il leva les yeux et vit, de loin, Abraam avec Èlazar à ses côtés. Le riche se mit à crier: “Père, Abraam, aie pitié de moi et envoie Èlazar afin qu’il plonge le bout de son doigt dans l’eau et rafraîchisse ma langue car je souffre dans cette flamme.” Abraam lui dit: “Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie et qu’Èlazar a connu des maux pendant la sienne. Or maintenant, il est ici consolé et toi tu souffres. Et en plus de tout cela, entre vous et nous un abîme a été fermement installé afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ou de là vers nous, ne puissent le faire.” Or le riche lui dit: “Père, je t’en prie, envoie Èlazar dans la maison de mon père car j’ai cinq frères, pour qu’il les avertisse afin qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de souffrance.” Mais Abraam lui dit: “Ils ont Moshè et les prophètes, qu’ils les écoutent.” Or le riche lui dit: “Non, père Abraam, mais si un mort allait les trouver ils se repentiraient.” Abraam lui dit: “S’ils n’écoutent ni Moshè, ni les prophètes, alors rien ne les persuadera; pas même quelqu’un relevé des morts.”»

 

«Si ton frère pèche contre toi, réprimande-le. Et s’il se repend, pardonne-lui. Et si sept fois le jour il pèche contre toi et que sept fois il revienne à toi en disant “Je me repens”, tu lui pardonneras.»

 

Or advinrent, après cela, environ huit jours et il monta sur la montagne pour prier. Et il advint, tandis qu’il priait, et voici: deux hommes s’entretenaient avec lui qui, apparus en gloire, disaient son “exode” qu’il allait accomplir à Jérusalem. Et il advint, tandis qu’ils se séparaient de lui, que Yôshéya se retrouva seul.

 

Or il advint le jour suivant, tandis qu’ils descendaient de la montagne, vint à sa rencontre une foule nombreuse. Et voici: un homme, de la foule, cria en disant: «Maître, je t’en prie, jette les yeux sur mon fils car il m’est fils-unique. Et voici: un souffle le prend et soudain il crie et il le secoue avec écume et à grand peine il s’en éloigne l’ayant brisé.» Or Yôshéya commanda au souffle impur et il guérit l’enfant et il le remit à son père. Or tous étaient frappés de la grandeur de IÔA.

 

Or, tandis que tous s’étonnaient de tout ce qu’il avait fait, il dit à ses disciples: «Vous mettez-vous bien dans les oreilles ces paroles: le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes.» Et cette parole leur demeurait voilée pour qu’ils n’en saisissent pas le sens.

 

À cette même heure, des Pharisiens s’approchèrent en lui disant: «Pars et va-t’en d’ici car Hôrdôs veut te tuer.» Et il leur dit: «Allez dire à ce renard: voici que je chasse des souffles malsains et que j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain et le troisième jour je suis consommé. Mais aujourd’hui, demain et le jour suivant, il me faut partir car il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem.»

 

Or il advint, tandis que s’accomplissaient les jours de son “enlèvement”, et lui affermit sa face pour partir pour Jérusalem. Et il envoya des messagers devant sa face et, étant partis, ils entrèrent dans un bourg de Samaritains pour tout lui préparer. Et ils ne le reçurent pas parce que sa face était tournée vers Jérusalem. Or, ayant vu, les disciples Yaqôb et Yôhanan dirent: «Maître, veux-tu que nous disions que du feu descende du ciel et les consume?» Or, s’étant tourné, il les réprimanda. Et ils partirent pour un autre bourg.

 

Or, après cela, le Maître désigna deux autres disciples et il les envoya devant sa face dans toute ville et lieu où lui-même devait aller. Or il leur disait: «En quelque ville que vous entriez et qu’ils ne vous reçoivent pas, sortant sur ses places, dites: “Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser.” Celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé.»

 

Et il advint, alors qu’il faisait route vers Jérusalem, et lui passait entre Samarie et Galilée. Et alors qu’il entrait dans un village, dix hommes lépreux vinrent à sa rencontre, qui se tinrent à distance. Et ils élevèrent la voix en disant: «Yôshéya, Maître, aie pitié de nous.» Et, ayant vu, il leur dit: «Allez vous montrer aux prêtres.» Et il advint, alors qu’ils y allaient, qu’ils furent purifiés. Or, l’un d’eux, ayant vu qu’il était guéri, revint en glorifiant IÔA à voix forte. Et il tomba sur sa face à ses pieds en lui rendant grâces. Or, ayant pris la parole, Yôshéya dit: «Les dix n’ont-ils pas été purifiés? Mais les neufs, où sont-ils? Il ne s’est trouvé, pour revenir rendre gloire à IÔA, que cet étranger!» Et il lui dit: «T’étant levé, pars, ta foi t’a sauvé.»

 

Et, étant entré, il traversait Jéricho. Et voici: un homme appelé du nom de Zaké, et lui était chef de publicains, et lui était riche. Et il cherchait à voir Yôshéya, qui il était, et il ne pouvait pas en raison de la foule parce qu’il était de petite taille. Et courant en avant, il monta sur un sycomore afin de le voir, parce qu’il devait passer par là. Et, lorsqu’il vint là, ayant levé les yeux, Yôshéya lui dit: «Zaké, hâte-toi de descendre car il me faut demeurer dans ta maison.» Et il se hâta de descendre et il le reçut avec joie. Et tous, ayant vu, murmuraient en disant qu’il est entré loger chez un homme pécheur. Or Zaké, s’étant arrêté, dit au Maître: «Voici, Maître, je donne la moitié de mes biens et si j’ai extorqué quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple.» Or Yôshéya lui dit qu’aujourd’hui le salut est advenu à cette maison, parce que lui aussi est fils d’Abraam. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

 

Comme ils écoutaient cela, il dit encore une parabole parce qu’il était près de Jérusalem et qu’ils pensaient que le Royaume de IÔA allait apparaître à l’instant. Il leur dit donc: «Un homme de haute naissance partit dans une région lointaine pour recevoir la royauté et revenir. Mais ses concitoyens le haïssaient et ils envoyèrent une ambassade à sa suite pour dire: “Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous.” Et il advint, quand il fut de retour, ayant reçu la royauté, il dit: “Ces gens mes ennemis qui ne veulent pas que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.”» Et ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem.

 

Et comme il approchait, voyant la ville il pleura sur elle en disant: «Ah! Si tu avais reconnu, en ce jour-là, toi aussi le message de paix! Mais non, il fut caché à tes yeux. Car viendront des jours sur toi et tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. Ils t’écraseront toi et tes enfants en toi et ils ne laisseront pas pierre sur pierre en toi parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée.»

 

«Jérusalem, Jérusalem, qui tue les prophètes et lapide ceux qui lui sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée, et vous n’avez pas voulu. Voici que votre maison va vous être laissée. Or je vous dis: vous ne me verrez plus jusqu’à ce que vienne lorsque vous direz: “Béni celui qui vient au nom du Maître.”»

 

Les disciples l’interrogèrent en disant: «Maître, quel sera le signe de ta venue?» Or il dit: «Lorsque vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez qu’approche sa désolation. Alors que ceux qui sont en elle s’éloignent et que ceux qui sont dans la campagne n’y entrent pas parce que ce seront des jours de vengeance pour que soit accompli tout ce qui est écrit. Et ils tomberont au fil du glaive et ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations jusqu’à ce que soit accompli le temps des nations. Et, du ciel, il y aura de grands signes et sur la terre angoisse pour les nations dans l’inquiétude du bruit de la mer et des flots et les hommes défaillant de peur dans l’attente de ce qui va arriver au monde entier. Lorsque ces choses commenceront d’arriver, redressez-vous et relevez vos têtes parce qu’est proche votre délivrance.»

 

Or, pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner; mais la nuit, il partait la passer sur le mont appelé des Oliviers. Et tout le peuple, dès l’aurore, venait à lui dans le Temple pour l’écouter. Or approchait la fête des Pains sans levain, dite la Pâque. Et se concertèrent les grands prêtres sur le comment de le supprimer, car ils craignaient le peuple. Or Satan entra en Yauda et il conféra avec les grands prêtres et les gardes sur le comment il le leur livrerait à l’insu de la foule.

 

Et il envoya Kèpha et Yôhanan en disant: «Étant partis, préparez-nous la Pâque, que nous la mangions.» Et lorsque l’heure fut venue, il se mit à table et les apôtres avec lui. Et il leur dit: «J’ai désiré d’un grand désir manger cette pâque avec vous avant de souffrir; car je vous dis: je n’en mangerai plus jusqu’à ce qu’elle soit mangée nouvelle dans le Royaume de IÔA.»

 

«Mais voici la main de celui qui me livre avec moi sur la table.» Et eux se mirent à se demander entre eux quel était celui, parmi eux, qui allait faire cela.

 

Or il advint une dispute parmi eux à savoir: qui d’entre eux semblait être le plus grand. Or il leur dit: «Que le plus grand parmi vous devienne comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Car qui est le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert? N’est-ce pas celui qui est à table? Or moi, au milieu de vous, je suis comme celui qui sert.

 

Mais vous êtes, vous, ceux qui êtes demeurés avec moi dans mes épreuves. Et moi, je dispose pour vous du Royaume comme en a disposé le Père avec moi afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon Royaume.

 

Shamôn, Shamôn, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le blé; mais moi, j’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, une fois revenu, affermis tes frères.» Mais il lui dit: «Maître, avec toi je suis prêt à aller en prison et à la mort.» Mais il dit: «Je te dis, Kèpha, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu ne m’aies renié.»

 

Et il leur dit: «Celui qui n’a pas de bourse, qu’il vende son manteau et qu’il achète un glaive. Car je vous dis qu’il faut que s’accomplisse en moi ce qui a été écrit: il a été compté parmi les brigands. Car ce qui me concerne touche à sa fin.» Ils dirent: «Maître, voici ici deux glaives.» Il leur dit: «C’est assez.»

 

Et étant sorti il partit selon sa coutume au-delà du torrent du Cédron. Or l’accompagnaient aussi ses disciples. Parvenu en ce lieu, il leur dit: «Priez pour ne pas entrer en tentation.» Et lui s’éloigna d’eux d’environ un jet de pierre et, ayant fléchi les genoux, il priait. Or lui apparut un messager, du ciel, le réconfortant. Entré en agonie, il priait plus intensément et sa sueur devint comme des gouttes de sang tombant à terre. Et s’étant relevé de sa prière, étant venu vers ses disciples, il les trouva endormis de tristesse.

 

Et voici une foule et le nommé Yauda les précédait et il s’approcha de Yôshéya pour lui donner un baiser. Or Yôshéya lui dit: »Yauda, par un baiser tu livres le Fils de l’homme?» Or ses compagnons, voyant ce qui allait arriver dirent: «Maître, frapperons-nous du glaive?» Or en répondant Yôshéya dit: «Laissez faire, même jusqu’à ceci. C’est leur heure, et le pouvoir des ténèbres.» Or l’ayant pris ils l’emmenèrent et le firent entrer dans la maison du grand prêtre.

 

Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s’étaient assis ensemble, Kèpha était assis au milieu d’eux. Or ils lui dirent: «Et toi, tu es d’entre eux.» Mais Kèpha déclara: «Je n’en suis pas.» Et à l’instant, alors qu’il parlait encore, un coq chanta. Et le Maître, s’étant tourné, fixa son regard sur Kèpha et, étant sorti dehors, il pleura amèrement.

 

Et les hommes qui le gardaient se jouaient de lui en le frappant. Et, en blasphémant, ils disaient beaucoup de choses sur lui.

 

Et quand il fit jour, le conseil des Anciens du peuple se réunit, grands prêtres et scribes, et ils l’amenèrent dans leur sanhédrin en disant: «Si tu es le Messie, dis-le nous.» Or il leur dit: «Si je vous le dis, vous ne croirez pas; mais si je vous interroge, vous ne répondrez pas. Mais désormais sera le Fils de l’homme assis à la droite de IÔA.» Or ils dirent tous: «Tu es donc le Fils de IÔA?» Mais lui leur déclara: «C’est vous qui dites que je le suis.»

 

Et, s’étant levée, toute leur multitude le conduisit à Pilatus. Or ils se mirent à l’accuser en disant: «Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation et empêchant de payer les impôts et se disant être le Messie, le Roi.»

 

Or Pilatus l’interrogea en disant: «Es-tu le Roi des Juifs?» Mais lui ne lui répondit rien. Or Pilatus leur dit: «Vous m’avez présenté cet homme comme détournant le peuple et voici que moi, l’ayant interrogé devant vous, je n’ai trouvé en cet homme aucun motif de condamnation pour ce dont vous l’accusez. L’ayant donc châtié, je vais le relâcher.» Or il y avait nécessité pour lui de leur relâcher un prisonnier à l’occasion de la fête. Mais eux s’écrièrent, tous ensemble, en disant: «Enlève celui-ci mais relâche-nous Barraba», qui, pour une sédition survenue dans la ville et pour meurtre, avait été jeté en prison. Or de nouveau Pilatus leur adressa la parole, voulant relâcher Yôshéya. Mais eux répondaient en criant: «Crucifie, crucifie-le.» Or lui leur dit pour la troisième fois: «Quel mal a donc fait cet homme? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de mort.» Mais eux insistaient à grands cris, demandant qu’il fût crucifié; et leurs cris gagnaient en violence. Et Pilatus prononça qu’il fût fait droit à leur demande.

 

Et comme ils l’emmenaient, ayant pris un certain Shamôn de Cyrène qui revenait des champs, ils le chargèrent de la croix pour la porter derrière Yôshéya.

 

Or le suivait une grande multitude du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Or s’étant tourné vers elles, Yôshéya dit: «Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants. Car voici: viennent des jours où l’on dira: “Bienheureuses les stériles et les entrailles qui n’ont pas enfanté et les seins qui n’ont pas nourri.” Alors on se mettra à dire aux montagnes: “Tombez sur nous!” et aux collines: “Couvrez-nous!” Car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’adviendra-t-il du sec?»

 

Or deux malfaiteurs étaient emmenés aussi pour être exécutés avec lui. Et lorsqu’ils vinrent au lieu qui est appelé Crâne, là ils le crucifièrent ainsi que les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Or Yôshéya disait: «Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.»

 

Et se tenait là le peuple, regardant. Or ils se moquaient de lui et ils lui disaient: «Tu en as sauvé d’autres, sauve-toi toi-même si tu es le Messie, l’Élu.» Or se jouaient de lui aussi les soldats, s’approchant, lui présentant du vinaigre et disant: «Si tu es le Roi des Juifs, sauve-toi.» L’un des malfaiteurs suspendus l’injuriait en disant: «N’es-tu pas le Messie? Sauve-toi ainsi que nous.» Mais l’autre, le reprenant, déclara: «Tu n’as même pas crainte de IÔA, alors que tu subis la même peine! Pour nous c’est normal, nous recevons le juste salaire de ce que nous avons fait; mais celui-ci n’a rien fait de mal.» Et il disait: «Yôshéya, souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans ton Royaume.» Et il lui dit: «En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis.»

 

Et Yôshéya dit: «Père, entre tes mains je remets mon souffle.» Ayant dit cela, il expira. Et toutes les foules qui s’étaient rassemblées pour ce spectacle, voyant ce qui était arrivé, s’en retournaient en se frappant la poitrine. Or se tenaient à distance tous ses amis.

 

Et voici: Un homme du nom de Yôsaph, l’ayant descendu, le lia avec des linges et le déposa dans une tombe taillée dans le roc où personne encore n’avait été placé. Et c’était le jour de la Préparation.

 

Or, ayant accompagné Yôsaph, les femmes qui étaient venues avec lui de Galilée regardèrent le tombeau et comment son corps avait été mis. Or, s’en étant retournées, elles achetèrent des aromates et des parfums. Et le shabat, elles se tinrent en repos, selon le précepte.

 

Or le premier jour de la semaine, à la pointe du jour, elles vinrent à la tombe en portant les aromates qu’elles avaient préparés. Or elles trouvèrent la pierre enlevée du tombeau. Or étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Maître Yôshéya. Et il advint, comme elles en étaient perplexes, et voici: deux hommes se tinrent près d’elles, en habit éblouissant. Or, comme elles étaient saisies de peur et inclinaient leur visage vers la terre, ils leur dirent: «Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? Rappelez-vous comment il vous a parlé étant encore en Galilée, disant qu’il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des hommes.» Et elles se rappelèrent ces paroles. Et étant revenues de la tombe elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres. Mais ces propos leur semblèrent du radotage et ils ne crurent pas.

 

Or Kèpha, s’étant levé, courut au tombeau et, s’étant penché, il voit seulement les linges. Et il s’en alla chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.

 

Or, tandis que les Onze étaient rassemblés, lui-même se tint au milieu d’eux. Et il leur dit: «Voyez mes mains et mes pieds, c’est moi.» Et ils se réjouirent en voyant le Maître. Alors il leur ouvrit l’esprit pour comprendre les Écritures et il leur dit: «Ainsi est-il écrit que le Messie souffrirait et qu’il serait relevé des morts le troisième jour. Vous en êtes témoins.»

 

Et, il leur commanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem mais d’attendre jusqu’à la Fête des prémisses.

 

Or il les emmena dehors, jusqu’à Béthanie.

 

Eux donc l’interrogeaient en disant: «Maître, est-ce en ce temps-ci que tu rétabliras le royaume pour Israël?» Il leur dit: «Il ne vous appartient pas de connaitre les temps ou les moments que le Père a fixés par son propre pouvoir.» Tandis qu’il disait cela, une nuée le prit par-dessous et il fut enlevé d’eux. Et comme ils regardaient fixement vers le ciel, tandis qu’il s’en allait, et voici que deux hommes se présentèrent à eux en vêtement blanc. Et eux de dire: «Hommes de Galilée, pourquoi vous tenez-vous là, regardant vers le ciel? Ce Yôshéya qui a été enlevé de vous, ainsi il viendra de la même manière que vous l’avez vu aller.» Alors ils revinrent à Jérusalem du mont appelé des Oliviers et, quand ils furent entrés, ils montèrent à la chambre haute où ils demeuraient et ils étaient assidus à la prière.

 

Et tandis que s’accomplissaient le jour des Prémisses, ils étaient tous dans le même lieu. Et il arriva du ciel un bruit comme d’un violent coup de vent et leur apparut comme du feu qui se posa sur chacun d’eux et ils se mirent à parler en langues selon que le Souffle leur donnait de s’exprimer. Ce bruit étant arrivé, la foule se rassembla et ils les entendaient parler en langues les grandeurs de IÔA. Or ils étaient stupéfaits, disant: «Qu’est-ce que cela peut être?» Mais d’autres se moquaient en disant: «Tous ces gens sont lourds de vin doux.»

 

Alors Kèpha, debout avec les dix apôtres, leva sa voix et dit: «Hommes d’Israël, écoutez mes paroles: Yôshéya le Nazôréen, homme accrédité par les signes et les prodiges que IÔA a faits grâce à lui au milieu de vous, comme vous le savez, cet homme, vous l’avez supprimé en le clouant par la main des impies, lui que IÔA a relevé. Hommes mes frères, il est permis de vous dire avec assurance, au sujet du patriarche Daud, que: il est mort et il fut enseveli et sa tombe est parmi nous jusqu’à ce jour-ci. Étant donc prophète et sachant que IÔA lui avait juré par serment que du fruit de son rein il susciterait le Messie et le ferait asseoir sur son trône. Ayant vu à l’avance, il parla du relèvement du Messie, qu’il ne serait pas abandonné dans le séjour des morts et que sa chair ne verrait pas la corruption. Ce Yôshéya donc, IÔA l’a relevé, nous en sommes témoins. Que sache donc avec certitude toute la maison d’Israël que IÔA a fait et Maître et Messie ce Yôshéya que vous avez crucifié.» Ayant entendu, ils eurent le cœur transpercé et ils dirent à Kèpha et aux apôtres: «Que ferons-nous donc, hommes nos frères? Montrez-le nous.» Or Kèpha leur dit: «Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Yôshéya et vous seront remis vos péchés et vous recevrez le don du Souffle saint.» Eux donc, ayant accueilli avec joie la parole, embrassèrent la foi.

 

Or, Kèpha et Yôhanan montaient au Temple le soir à l’heure de la prière. Et un homme infirme dès le sein de sa mère, était porté, que l’on plaçait à la porte du Temple dite La Belle pour demander l’aumône à ceux qui entraient dans le Temple. Celui-ci, ayant regardé-fixement de ses yeux et ayant vu Kèpha et Yôhanan entrant dans le Temple, leur demandait l’aumône. Or Kèpha lui dit: «Argent et or, je n’en ai pas; mais ce que j’ai, je te le donne: au nom de Yôshéya le Nazôréen, marche!» Or aussitôt s’affermirent ses pieds et ses chevilles. Et tout le peuple le vit, marchant et louant IÔA; et tous furent remplis de frayeur et ils étaient stupéfaits de ce qu’une guérison lui était arrivée.

 

Or, par la main des apôtres, il arrivait des signes et des prodiges dans le peuple au point que par les rues on apportait des malades et des gens tourmentés par des souffles impurs et tous ils étaient guéris.

 

Or Hanan, le grand prêtre et tous ceux qui étaient avec lui furent remplis de jalousie et ils jetèrent les mains sur les apôtres et ils les mirent dans la prison publique. S’étant levés à l’aube et ayant convoqué le sanhédrin, ils envoyèrent des gens à la prison pour les amener. Mais les serviteurs, les ayant amenés, ils les présentèrent dans le sanhédrin. Et le grand prêtre les interrogea en disant: «Voici que vous avez empli Jérusalem de votre enseignement et vous voulez amener sur nous le sang de cet homme.» Répondant, Kèpha lui dit: «Le Dieu de nos pères a relevé Yôshéya que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au bois. Celui-ci, IÔA l’a exalté à sa droite comme Chef et Sauveur, pour donner le repentir à Israël et la rémission des péchés. Et nous, nous sommes témoins de ces choses.» Mais en entendant ces paroles, ils étaient furieux et ils projetaient de les supprimer. S’étant levé, quelqu’un du sanhédrin, un Pharisien du nom de Gamaliël, un docteur de la Thôra estimé du peuple, ordonna de faire sortir les apôtres. Et il dit à tout le sanhédrin: «Hommes d’Israël, prenez garde à ces hommes, ce que vous allez faire. Se leva Yauda le Galiléen aux jours du recensement et il entraîna un peuple nombreux après lui et celui-là périt et ceux qui lui avaient obéi furent dispersés. Or maintenant, frères, je vous dis: ne vous occupez pas de ces gens-là et congédiez-les sans souiller vos mains.» Ils furent persuadés par lui et, ayant rappelé les apôtres, les ayant fait battre, ils les relâchèrent. Eux donc s’en allèrent, joyeux, de devant le sanhédrin parce que, à cause de IÔA, ils avaient été jugés dignes d’être outragés.

 

Or Stéphanos, rempli de grâce et de puissance, faisait des prodiges et des signes parmi le peuple au nom de Yôshéya le Messie. Or se levèrent certains de la synagogue des Affranchis pour discuter avec Stéphanos. Ne pouvant donc pas résister à la vérité, ils ameutèrent le peuple et les Anciens et les scribes et, survenant, ils s’emparèrent de lui et l’amenèrent au sanhédrin. Disant: «Cet homme ne cesse pas de prononcer des paroles contre ce saint Lieu et contre la Thôra.» Et, l’ayant regardé-fixement, tous ceux étant dans le sanhédrin virent son visage comme le visage d’un messager de IÔA se tenant au milieu d’eux.

 

Or le grand prêtre dit: «Est-ce qu’il en est ainsi?» Mais lui répondit: «Ce Moshè qu’ils ont renié en disant: “Qui t’a établi chef ou juge?”, celui-ci IÔA l’a envoyé comme libérateur par la main du messager qui lui est apparu dans le buisson. Celui-ci les fit sortir, ayant fait des prodiges et des signes en terre d’Égypte. C’est lui qui fut dans l’assemblée au désert avec le messager qui lui parlait au mont Sinaï et avec nos pères, qui a reçu pour nous donner les paroles vivantes. À qui nos pères ne voulurent pas obéir, mais ils le repoussèrent et ils se tournèrent de cœur en Égypte, disant à Aarôn: “Fais-nous des dieux qui marchent devant nous car ce Moshè qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé.” Et ils fabriquèrent un veau, en ces jours-là, et ils firent monter des sacrifices à l’idole et ils se réjouirent dans les œuvres de leurs mains. Nuques raides, incirconcis de cœur et d’oreilles, vous, toujours vous résistez à le Souffle, comme vos pères. Vous qui avez reçu la Thôra en préceptes des messagers et ne l’avez pas observée.» Or ayant entendu cela, ils étaient furieux dans leurs cœurs et ils grinçaient des dents contre lui. Mais lui, se trouvant dans le Souffle saint, ayant regardé-fixement vers le ciel, vit la gloire de IÔA et Yôshéya le Maître, à la droite de IÔA, debout. Et il dit: «Voici que je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de IÔA.» Ayant crié à pleine voix, ils se bouchaient les oreilles et ils se précipitèrent sur lui. Et l’ayant jeté hors de la ville ils le lapidaient. Priant et disant: «Maître Yôshéya, reçois mon souffle.» Et, ayant dit cela, il s’endormit.

 

Or Shaul ravageait l’assemblée. Mais, tandis qu’il allait à Damas, soudain une lumière venue du ciel brilla autour de lui et il tomba à terre et il entendit une voix lui disant: «Lève-toi et entre dans la ville et il te sera dit ce que tu dois faire.» Shaul se leva de terre mais il ne voyait rien. L’ayant conduit par la main, ils le firent entrer à Damas. Et il était trois jours sans voir. Et il vit un homme, en vision, lui imposant les mains. Et aussitôt, dans les synagogues, il proclamait Yôshéya, que celui-ci est le Messie. Quand se furent passés beaucoup de jours, les Juifs se concertèrent pour le supprimer. L’ayant appris, les frères l’envoyèrent à Tarse.

 

Or il arriva que Kèpha, parcourant villes et campagnes, descendait aussi chez les saints qui habitaient Lydda. Il y trouva un homme, du nom d’Énam, gisant depuis huit ans sur un grabat, qui était paralysé. Or, l’ayant regardé-fixement, Kèpha lui dit: «Yôshéya le Messie te guérit. Lève-toi et arrange toi-même ton grabat.» Et aussitôt il se leva. Et, l’ayant vu, tous ceux qui qui habitaient Lydda et Sarôna se convertirent au Maître.

 

Or à Joppé il y avait une femme du nom de Tabitha. Or il arriva, en ces jours-là, qu’ayant été malade elle mourut. L’ayant lavée, on la plaça dans la chambre haute. Or, comme Lydda était près de Joppé, ayant entendu dire que Kèpha y était, ils lui envoyèrent deux hommes le priant de ne pas tarder à passer jusqu’à eux. S’étant levé, Kèpha vint avec eux. Une fois arrivé, ils l’amenèrent dans la chambre haute et s’étant agenouillé, il pria et, s’étant tourné vers le corps, il dit: «Tabitha, lève-toi, au nom de Yôshéya le Messie.» Elle ouvrit ses yeux et ayant vu Kèpha elle s’assit. Ayant appelé les saints il la leur présenta. Or ils parlaient de ce qui était arrivé dans tout Joppé et beaucoup crurent dans le Maître. Or Kèpha retenu durant beaucoup de jours, resta chez un certain Shamôn, un corroyeur.

 

Kèpha monta dans la chambre-haute pour prier vers la sixième heure. Il devint affamé et voulut manger. Tandis qu’on lui préparait le repas, tomba sur lui une extase. Et il voit le ciel ouvert et, lié aux quatre bouts, un objet s’abaissant jusqu’à terre dans lequel tous les quadrupèdes et les serpents et les oiseaux du ciel. Et lui arriva une voix: «Lève-toi, tue et mange.» Mais Kèpha dit: «Maître, je n’ai jamais mangé rien de souillé ou d’impur.» Et une voix, de nouveau, pour la seconde fois, vint à lui: «Ce que IÔA a purifié, toi, ne le souille pas.» Or ceci arriva trois fois et l’objet fut enlevé au ciel. Or, tandis que Kèpha était embarrassé au sujet de la vision, le Souffle lui dit: « Voici des hommes qui te cherchent. mais lève-toi et pars avec eux sans hésiter, car c’est moi qui les ai envoyés.» Alors Kèpha, étant descendu vers les hommes, dit: «Voici, c’est moi que vous cherchez; que voulez-vous?» Or eux lui dirent: «Corneille, centurion, a été averti par un saint messager de te faire venir dans sa maison et d’entendre des paroles de toi.» Alors, les ayant fait entrer, Kèpha les logea. Or, le lendemain, s’étant levé, il partit avec eux et certains des frères de Joppé vinrent avec lui. Le lendemain ils entrèrent à Césarée. Étant venu à sa rencontre, Corneille, tombant à ses pieds, se prosterna. Mais Kèpha le releva en disant: «Lève-toi. Et moi aussi, je suis un homme.» Et, en conversant avec lui, il entra et il trouve beaucoup de gens rassemblés. Et il leur déclara: «Vous savez fort bien qu’il est interdit à un homme juif de fréquenter ou d’approcher un étranger; mais à moi, IÔA a montré qu’il ne faut dire aucun homme souillé ou impur. C’est pourquoi, quand on m’a fait venir, je suis venu sans discuter. Je demande donc: pour quelle raison m’avez-vous fait venir?» Et Corneille déclara: «J’étais dans ma maison et voici qu’un messager se tint devant moi en vêtement brillant et il déclara: “Envoie des gens à Joppé et convoque Shamôn, qui est surnommé Kèpha, qui, en arrivant, te parlera”.» Or, ayant ouvert la bouche, Kèpha dit: «En vérité, je comprends que IÔA ne fait pas acception des personnes, mais qu’en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable.» Tandis que Kèpha parlait encore ces paroles, le Souffle saint tomba sur tous ceux qui écoutaient. Et furent stupéfaits tous ceux qui étaient venus avec Kèpha. Car ils les entendaient parler en langues et magnifier IÔA. Or, lorsque Kèpha monta à Jérusalem, ils disputaient contre lui en disant qu’il est entré chez des hommes ayant prépuce. Mais Kèpha se mit à leur exposer l’affaire en disant: «J’étais dans Joppé, la ville, et voici que trois hommes se présentèrent à la maison où nous étions, envoyés de Césarée vers moi. Or le Souffle me dit de les accompagner. Vinrent avec moi ces six frères et nous entrâmes dans la maison de l’homme.Or il nous annonça comment il vit un messager dans sa maison, debout et disant: “Envoie des gens à Joppé et fais venir Shamôn qui est surnommé Kèpha, lui te parlera.” Or tandis que je commençais à parler, le Souffle tomba sur eux tout comme sur nous au début. Moi, qui étais-je pour empêcher IÔA de leur donner son Souffle saint?» Ayant entendu ces mots, ils se calmèrent et ils glorifiaient IÔA.

 

Mais ceux qui leur avaient commandé de monter auprès des Anciens se levèrent en disant: «Il faut les circoncire et leur ordonner de garder la Thôra de Moshè.» Or une grande discussion s’étant produite, s’étant levé, Yaqôb dit: «Hommes mes frères, écoutez-moi. Shamôn a raconté comment d’abord IÔA a pris soin de prendre parmi les nations un peuple à son nom. C’est pourquoi, moi, je suis d’avis de ne pas tracasser ceux des nations qui se convertissant à IÔA, mais de leur prescrire de s’abstenir des souillures des idoles et de la fornication et du sang.» Alors il parut bon à toute l’assemblée d’envoyer des hommes: Yauda appelé Barshaba et Silas, hommes d’autorité parmi les frères. Eux donc, ayant été congédiés, vinrent à Césarée. Avec force discours exhortèrent les frères et les fortifièrent, eux aussi étant prophètes. Ayant passé quelque temps, ils furent congédiés en paix par les frères vers ceux qui les avaient envoyés.

 

Or il y avait des gens de Chypre et de Cyrène qui, étant venus à Antioche, parlaient aux Grecs. Et la main du Maître était avec eux et un grand nombre, ayant cru, se convertit au Maître. La nouvelle fut entendu jusqu’aux oreilles de l’assemblée qui est à Jérusalem à leur sujet et ils envoyèrent Barnabé passer jusqu’à Antioche. Qui aussi, étant arrivé et ayant vu la grâce de IÔA se réjouit et il les exhortait à rester, d’un cœur ferme, attachés au Maître. Or ayant entendu dire que Shaul était à Tarse, il partit le chercher. L’ayant rejoint, il le pria de venir à Antioche. Or étant arrivés, toute une année ils furent rassemblés à l’assemblée et ils enseignaient une foule nombreuse. Des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. S’étant levé, l’un d’eux, du nom d’Agabus, signifia qu’il allait y avoir une grande famine sur tout le monde habité laquelle arriva sous Claudius. Or les disciples, selon qu’ils avaient des biens, décidèrent chacun d’eux d’envoyer de l’argent pour aider les frères qui habitaient en Judée. Ce qu'ils firent en envoyant l’argent aux Anciens par la main de Barnabé et de Shaul.

 

Le roi Hôrdôs mit la main à maltraiter certains de l’assemblée. Il ajouta à cela d’arrêter aussi Kèpha. Or c’étaient les jours des Pains sans levain. Et l’ayant pris, il le mit en prison. Une prière était faite intensément par l’assemblée pour lui. Or, lorsqu’Hôrdôs allait le faire comparaître, cette nuit-là, Kèpha dormait entre deux soldats, lié par deux chaînes. Et voici: un messager se tint près de Kèpha et une lumière brilla, ayant frappé le côté de Kèpha il l’éveilla en disant: «Lève-toi vite»; et les chaînes furent déliées de ses mains. Le messager lui dit: «Ceins-toi et chausse tes sandales.» Or il le saisit et alla devant lui et il le fit sortir et aussitôt il le quitta. Il vint à la maison où, nombreux, les frères étaient rassemblés et priaient. Or, comme il avait frappé, s’approcha une servante du nom de Rhodè. Et, ayant reconnu la voix, de joie, elle n’ouvrit pas et, ayant couru à l’intérieur, elle annonça que Kèpha se tenait devant le portail. Mais eux lui disaient: «Tu es folle.» Mais elle, elle soutenait qu’il en était bien ainsi. Mais eux disaient: «C’est peut-être son messager.» Mais lui continuait à frapper. Ayant ouvert et l’ayant vu, ils furent stupéfaits. Leur ayant fait signe de la main de se taire, il entra et raconta comment le Maître l’avait fait sortir de la prison. Or il dit: «Annoncez cela à Yaqôb et aux frères.» Et il partit pour un autre lieu. Or la parole de IÔA croissait et se multipliait.

 

Or Barnabé et Shaul, qui est surnommé Paulus, revinrent, ayant rempli leur service. Or il y avait dans l’assemblée, des prophètes et des enseignants, parmi lesquels Barnabé et Shamôn qui est surnommé Niger, et Lucius, Cyrénéen, et Manahen élevé avec le tétrarque Hôrdôs, et Paulus. Ceux donc qui avaient été envoyés par les saints descendirent à Séleucie et de là ils firent voile vers Chypre. Or arrivés Salamine, ils annoncèrent la parole du Maître dans les synagogues des Juifs.

 

Or tandis qu’ils avaient fait le tour de toute l’île jusqu’à Paphos, ils trouvèrent un homme, un mage, pseudo-prophète juif, appelé du nom de Bariesoua, qui était avec le proconsul Sergius Paulus, un homme avisé. Celui-ci, ayant appelé Barnabé et Paulus, désirait entendre la parole de IÔA. Mais s’opposait à eux Étoimas le mage, cherchant à détourner le proconsul loin de la foi. Mais Paulus, rempli du Souffle saint et l’ayant regardé-fixement, dit: «Ô toi, plein de toute ruse et de tromperie, fils de celui qui divise, ennemi de toute justice, tu ne cesses de détourner les voies du Maître qui sont droites. Et maintenant, voici la main du Maître sur toi et tu seras aveugle, ne voyant pas le soleil pour un temps.» Et aussitôt tomba sur lui obscurité, et ténèbres, et, tournant en rond, il cherchait des mains qui conduisent. Or le proconsul crut à IÔA.

 

De Paphos ayant pris le large, Paulus et ses compagnons vinrent à Pergé de Pamphylie. Or ayant traversé le pays à partir de Pergé, ils arrivèrent à Antioche de Pisidie et étant entrés dans la synagogue le shabat ils s’assirent. Après la lecture de la Thôra et des prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire: «Hommes nos frères, si vous avez quelque parole de sagesse en vous, dites-la au peuple.» Or Paulus, s’étant levé et ayant fait signe de la main, dit: «Hommes d’Israël et vous qui craignez IÔA, écoutez- nous, nous vous annonçons la promesse faite à nos pères, parce que, celle-là, IÔA l’a accomplie pour nos enfants en relevant Yôshéya, comme il est écrit dans les psaumes: “Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui je t’ai engendré. Demande-moi et je te donnerai les nations en héritage et en ta possession les extrémités de la terre.” Or, lorsqu’il l’a relevé des morts sans qu’il doive retourner à la corruption, c’est ce qu’il a dit ainsi: “Tu ne laisseras pas ton Saint voir la corruption.” Qu’il vous soit donc connu, hommes mes frères, que, par celui-ci, vous est annoncée la rémission des péchés.» L’assemblée s’étant séparée, ils suivirent Paulus et Barnabé qui, parlant avec eux, les engageaient à persévérer dans la grâce de IÔA. Et la parole était portée à travers toute la région. Mais les Juifs excitèrent les femmes de condition qui adoraient IÔA et les notables de la ville et ils soulevèrent une épreuve contre Paulus et Barnabé et ils les chassèrent hors de leur territoire. Mais eux, ayant secoué la poussière de leurs pieds contre eux, arrivèrent à Iconium.

 

Il leur arriva d’entrer de même dans la synagogue des Juifs et leur parler de telle façon que crurent une grande multitude. Mais les Juifs qui n’avaient pas cru indisposèrent les esprits des non-juifs contre les frères. Or, il y eut assaut des étrangers et des Juifs, avec leurs chefs, pour les maltraiter et les lapider.

 

S’en étant rendu compte, ils s’enfuirent dans les villes de Lycaonie: Lystres et Derbé et les environs.

 

Et de là à Antioche. Ils y demeuraient, enseignant et annonçant la Bonne Nouvelle de parole du Maître. Mais Paulus, ayant fait choix de Silas, partit, remis par les frères à la grâce de IÔA.

 

Or, en traversant les villes, ils proclamaient avec beaucoup d’assurance le Maître Yôshéya, le Messie.

 

Or ils traversaient la région phrygienne et galate. Ayant longé la Mysie, ils descendirent à Troas. Aussitôt ils cherchèrent à partir en Macédoine. De Troas ayant pris le large.

 

Ils vinrent à Thessalonique où il y avait une synagogue des Juifs. Or, selon sa coutume, Paulus entra chez eux. Durant trois shabats il fut discuté avec eux à partir des Écritures. Ouvrant leur esprit et établissant que le Messie devait souffrir et être relevé et que: «Celui-ci est Yôshéya, que moi je vous annonce.» Et certains d’entre eux furent persuadés par l’enseignement: beaucoup de Grecs adorant IÔA et des femmes de qualité en grand nombre. Mais les Juifs, pris de jalousie et ayant ramassé quelques vauriens de place publique et ayant fait un attroupement, troublèrent la ville et, survenant à la maison de Iason, ils les cherchaient pour les amener devant l’assemblée du peuple. Mais ne les ayant pas trouvés, ils traînèrent Iason et quelques frères devant les magistrats en criant et disant que ce sont eux qui bouleversent le monde habité et ils sont ici présents. Eux que Iason a reçus. Et tous ceux-ci agissent contre César, disant Yôshéya être un autre Roi. Et ils troublèrent la foule en disant cela. Les magistrats, ayant reçu une caution, les congédièrent.

 

Mais les frères firent partir Paulus et Silas pour Bérée, qui arrivèrent dans la synagogue des Juifs. Beaucoup d’entre eux, donc, crurent. Mais lorsque les Juifs de Thessalonique connurent qu’à Bérée aussi était annoncée la parole de IÔA, ils y vinrent aussi et ils ne cessaient pas d’agiter et de troubler la foule. Alors aussitôt les frères envoyèrent Paulus aller jusqu’à la mer. Mais resta là Silas.

 

Ceux qui escortaient Paulus le menèrent jusqu’à Athènes. Il discutait donc dans la synagogue des Juifs. Or certains crurent, parmi lesquels une femme du nom de Damaris.

 

Or, s’étant retiré d’Athènes, il vint à Corinthe. Il discutait dans la synagogue chaque shabat attestant aux Juifs que le Messie, c’est Yôshéya. Comme ils s’opposaient et blasphémaient, ayant secoué ses vêtements, il leur dit: «Votre sang soit sur votre tête, moi, je suis pur.» Or le Maître dit en vision à Paulus: «Ne crains pas, mais parle et vois, ne te tais pas parce que je suis avec toi et nul n’essayera de te nuire.» Or, tandis que Gallio était proconsul d’Achaïe, les Juifs se dressèrent ensemble et s’étant concertés entre eux contre Paulus, ayant jeté les mains sur lui, ils le conduisirent au proconsul en vociférant et en disant qu’il persuade les gens d’adorer IÔA d’une manière contraire à la Thôra. Mais tandis que Paulus allait ouvrir la bouche, Gallio dit aux Juifs: «Je ne consens pas à être juge de ces choses.» Et il les congédia du tribunal. Or tous, s’étant emparés de Sosthène, le chef de la synagogue, le frappaient devant le tribunal. Et Gallio feignait de ne rien voir.

 

Mais Paulus, étant demeuré beaucoup de jours, ayant pris congé des frères, faisait voile vers la Syrie. S’étant tondu à Cenchrées, car il avait un vœu. Or étant arrivé à Éphèse le shabat suivant, Paulus entra dans la synagogue et il discutait avec les Juifs. Or, tandis qu’ils lui demandaient de rester plus longtemps chez eux, il ne consentit pas. Mais il prit congé en disant: «Il me faut absolument passer à Jérusalem la fête qui vient.» Ayant pris le large à Éphèse, il vint à Césarée et étant monté il salua l’assemblée.

 

Le jour suivant il entra dans le Temple en annonçant l’achèvement des jours de la purification jusqu’au moment où serait offerte une offrande.

 

Les juifs d’Asie, l’ayant vu dans le Temple, ameutèrent toute la foule en criant et en disant: «Hommes d’Israël, à l’aide! Voici l’homme qui enseigne à tous et partout contre le peuple et la Thôra et ce Lieu.» Et, ayant saisi Paulus, ils le traînaient hors du Temple. Et tandis qu’ils cherchaient à le tuer, nouvelle en parvint au tribun qui aussitôt, ayant pris des soldats et des centurions, accourut à eux.

 

Craignant que Paulus ne fût mis en pièces par eux, le tribun ordonna à l’armée de l’enlever du milieu d’eux et de le conduire dans la caserne.

 

Et ayant convoqué deux des centurions, il leur prescrivit d’être prêts à partir et de tenir prêtes des montures afin que, ayant fait monter Paulus, ils le conduisissent de nuit sain et sauf à Césarée au procurateur. Il craignit en effet que les Juifs, l’ayant enlevé, ne le tuent et que lui-même ensuite n’encoure l’accusation d’avoir reçu de l’argent. Les soldats donc, selon ce qui leur avait été prescrit, ayant repris Paulus, l’amenèrent à Antipatris. Le lendemain, ayant laissé les soldats à la caserne, ils vinrent à Césarée.

 

Or Festus après trois jours monta à Jérusalem, de Césarée. Or les grands prêtres et les notables des Juifs requirent contre Paulus et ils le priaient, demandant une faveur de lui, qu’il le fasse venir à Jérusalem, faisant une embuscade pour le supprimer en chemin. Festus donc répondit que Paulus serait gardé à Césarée mais que lui-même partirait prochainement. Donc, déclare-t-il, que les gens influents parmi vous, étant descendus avec moi, l’accusent, s’il y a en l’homme quelque chose de déplacé. Étant donc demeuré parmi eux au plus huit ou dix jours, étant descendu à Césarée, le lendemain, assis au tribunal, il ordonna que Paulus fût amené. Lui étant arrivé, les Juifs de Jérusalem l’entourèrent, portant contre lui de nombreuses et graves accusations qu’ils ne pouvaient pas prouver. Festus, voulant faire une faveur aux Juifs, dit à Paulus: «Veux-tu, étant monté à Jérusalem, y être jugé devant moi sur ces choses?» Mais Paulus dit: «Je me tiens devant le tribunal de César, où il me faut être jugé. J’en appelle à César.» Alors Festus déclara: «Tu en as appelé à César, tu iras à César.»

 

Le lendemain, ayant appelé un certain centurion du nom de Julius, il lui remit Paulus avec d’autres prisonniers. Et le centurion, ayant trouvé un bateau alexandrin navigant vers l’Italie, les fit embarquer. Mais le pilote et le capitaine furent d’avis de prendre le large pour, s’ils le pouvaient, arriver à Phénix, un port de Crète. Estimant pouvoir exécuter leur dessein, ayant levé l’ancre, ils naviguaient vers la Crête. Mais peu après, fondit sur eux un vent d’ouragan. Tandis que le bateau était entraîné et qu’il ne pouvait faire face au vent, ils utilisaient des moyens de secours en ceinturant le bateau. Et craignant qu’ils ne tombassent sur la Syrte, ayant lancé les agrès, ainsi ils étaient emportés. Le lendemain, ils délestaient le bateau et le troisième jour, de leurs mains, ils jetèrent la cargaison du bateau. Comme c’était la quatorzième nuit, vers le milieu de la nuit, les matelots pressentirent une terre. Le bateau était allégé. Et étant venus ils échouèrent le navire.

 

Et étant descendus à terre ils reconnurent la région, qu’elle s’appelait Malte. Et les barbares leur manifestaient une humanité peu banale et ils mirent à bord de quoi subvenir à leurs besoins.

 

Lorsqu’ils vinrent à Rome, il fut permis à Paulus de demeurer chez lui avec le soldat qui le gardait. Or il arriva, après trois jours, qu’il convoqua ceux qui étaient les notables des Juifs. Eux s’étant rassemblés, il exposait, ayant rendu témoignage, le Royaume de IÔA. Étant en désaccord ils se retiraient.